Donnerstag, 28. Februar 2008

Image de la femme dans les médias: une commission contre les dérives sexistes

Par Martine VERON AFP - Mercredi 27 février, 17h54

PARIS (AFP) - L'image de la femme dans les médias, trop souvent stéréotypée et dévalorisante, va faire l'objet d'une réflexion initiée par la secrétaire d'Etat à la Solidarité qui souhaite que soit donnée des femmes "une image qui corresponde à leur véritable place dans la société".

"Il y a quelque chose d'inacceptable dans le décalage entre les stéréotypes qui continuent à s'appliquer à l'image des femmes et leurs rôles familial et social", a déclaré mercredi Valérie Létard, en installant une "commission de réflexion sur l'image des femmes dans les médias", présidée par la réalisatrice Michèle Reiser.

Membre du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel), Mme Reiser sera entourée de personnalités aussi diverses que Brigitte Gresy, inspectrice générale des affaires sociales, Malek Boutih, secrétaire national du PS et ancien président de SOS-Racisme, l'ancien mannequin Inès de la Fressange ou la comédienne Elsa Zylberstein, le psychiatre Marcel Rufo ou Isabelle Falque (conseiller d'Etat).

Sans "porter atteinte à la libre création", il faut, a estimé la ministre, que les médias prennent conscience que certaines représentations de la femme freinent les progrès vers l'égalité homme-femme.

"Il n'y a pas de système qui garantisse le zéro défaut", estime Joseph Besnaïnou, directeur général du BVP (Bureau de vérification de la publicité).

Il souligne que, depuis l'accord signé en 2003 avec le ministère de la Parité, les manquements à la déontologie sont en baisse notable. "Il y en a peu, mais encore trop", dit-il cependant.

"C'est compliqué, très subjectif, on fait de la pédagogie, on donne des conseils a priori, ensuite, les annonceurs les suivent ou pas", dit-il, citant deux exemples récents, l'un de Warner Music qui "a renoncé à une publicité sur internet après avis négatif" et l'autre de la chaîne de vêtements American Apparel, déjà connue pour ses publicités provocantes, qui n'y a pas donné suite.

S'il est clair qu'une publicité affichant "mon banquier me préfère à découvert" est sexiste, il est plus difficile, dit-il, de faire la part entre sexisme et "artistique". "Aubade (marque de sous-vêtements), c'est limite, mais personne ne penserait les attaquer", dit-il.

En 2007, le BVP a identifié comme choquantes les publicités pour motos qui présentent encore des femmes largement dénudées, ou celle du loueur "Rent a car", dont la publicité représentant une femme en combinaison ouverte évoquait la "combinaison gagnante". "Ils ont arrêté la campagne, mais le mal était fait", note Joseph Besnaïnou.

Le BVP, qui a rendu en 2007 "20.000 avis concernant la télévision et 15.000 pour les autres médias", va créer à l'automne un "jury de déontologie publicitaire", constitué de 9 experts qui vont, sur plaintes de consommateurs, rendre leur verdict, "une sanction bien plus forte que la loi", affirme M. Besnaïnou.

"Un des impératifs des médias, c'est de vendre, et la femme fait vendre, on le sait", commente Michèle Reiser. Mais, prévient-elle, "c'est aussi elle qui achète, majoritairement".

Dans un rapport de juillet 2007 condamnant l'"exploitation" de l'image de la femme, la Délégation sénatoriale aux droits des femmes regrettait que le contrôle ne soit pas exhaustif, seule la télévision étant soumise à un contrôle systématique.

Le rapport condamnait notamment le retour du "porno chic", concernant certaines grandes marques de luxe, la tendance mêlant pornographie, violence et soumission, réapparue au début des années 2000, ou le "culte de la minceur excessive".

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