Dienstag, 26. August 2008

Barenboïm plaide pour une "Arte" israélo-palestinienne

AFP - Lundi 25 août, 18h22

PARIS (AFP) - Le chef d'orchestre Daniel Barenboïm a plaidé lundi, lors d'un entretien avec le président Nicolas Sarkozy, pour la création d'une chaîne de télévision culturelle israélo-palestinienne, sur le modèle d'Arte, pour "lutter contre l'ignorance qui règne partout au Moyen-Orient".

"Nous avons parlé de la possibilité d'augmenter l'effort pour la culture en Europe", a déclaré M. Barenboïm à la presse à sa sortie de l'Elysée.

"Je me suis permis de lui parler du fait qu'il y a un succès si grand avec cette chaîne de télévision culturelle Arte, qui est malheureusement seulement pour la France et l'Allemagne", a-t-il poursuivi.

"J'ai dit +pourquoi pas pour le reste de l'Europe?+ Ce serait magnifique d'avoir une chaîne culturelle pour toute l'Europe", a affirmé le pianiste israélo-argentin, soulignant que M. Sarkozy "avait l'air plutôt optimiste" concernant ce projet.

"Je lui ai dit qu'il fallait aller plus loin que ça et faire Arte entre Israël et la Palestine", a également indiqué M. Barenboïm.

"Ce serait une bénédiction pour tout le monde", s'est-il enthousiasmé, jugeant qu'"il faut lutter contre l'ignorance qui règne partout au Moyen-Orient".

Alors que le West-Eastern Divan Orchestra (Orchestre Divan occidental-oriental) qu'il dirige clôt lundi soir à Paris sa tournée 2008, il a expliqué à M. Sarkozy, "en tant que président de l'Europe" pour le second semestre 2008, que "la vraie dimension de ce projet va arriver le jour où l'orchestre pourra se produire dans tous les pays qui (y) sont représentés".

Il a ainsi souhaité des concerts "en Espagne, au Liban, en Syrie, en Jordanie, en Egypte, en Palestine, en Israël et en Iran".

Né en 1999 à l'initiative de Daniel Barenboïm et de l'universitaire palestinien naturalisé américain Edward Saïd (décédé en 2003), afin de promouvoir la paix entre Israël et les Palestiniens, l'orchestre compte quelque 80 musiciens israéliens, arabes et andalous âgés de 13 à 26 ans.

Barenboïm clôt à Paris sa tournée 2008 sur un triomphe et un appel à l'aide

AFP - Mardi 26 août, 10h30

PARIS (AFP) - "Aidez-nous !": Le chef israélien Daniel Barenboïm a achevé lundi soir à Paris la tournée 2008 de son West-Eastern Divan Orchestra (WEDO) sur un triomphe, tout en demandant au public son soutien pour faire vivre cette brillante aventure musicale et humaine jusqu'au Moyen-Orient. 

A l'issue du concert, le maestro de 65 ans s'est adressé en français aux quelque 1.900 spectateurs de la salle Pleyel, qui l'ont acclamé pendant un bon quart d'heure, lui et sa centaine de jeunes instrumentistes israéliens, arabes mais aussi andalous, le WEDO répétant à Séville depuis 2002.

"Chacun des musiciens a fait preuve d'un courage énorme en venant jouer dans cet orchestre", a déclaré Daniel Barenboïm après avoir chaleureusement félicité, un par un, ses musiciens.

"Ce n'est pas un projet politique, mais une troisième voie. Nous ne pensons qu'une chose, c'est qu'il n'y a pas de solution militaire au conflit" israélo-palestinien, a rappelé le chef d'orchestre, en disant son souhait d'"apprendre à vivre ensemble: c'est ce que nous faisons".

Daniel Barenboïm n'a pas caché son regret de n'avoir pas pu diriger cette formation symphonique à Amman le 11 août dernier -- sa seule date en terre arabe cette année --, à la suite de l'attaque ayant visé des touristes en Jordanie en juillet.

"Ce projet doit pouvoir se poursuivre dans tous les pays qui sont représentés dans l'orchestre. Je voudrais aller jouer à Damas, Beyrouth, Ramallah, Le Caire et même à Téhéran. Aidez-nous !", a-t-il lancé aux mélomanes et officiels, parmi lesquels figuraient la ministre de la Culture, Christine Albanel, et les conseillers de l'Elysée Catherine Pégard et Raymond Soubie.

Daniel Barenboïm et l'universitaire palestinien Edward Saïd (décédé en 2003) ont lancé le West-Eastern Divan Orchestra, qui tire son nom d'un recueil de poèmes de Goethe, en 1999.

L'orchestre, formé de jeunes ou futurs professionnels âgés de 13 à 26 ans, a fêté cet été sa 10e session annuelle au cours d'une tournée d'une douzaine de concerts qui a débuté en Espagne le 5 août et a conduit les musiciens en Grande-Bretagne, Italie et Scandinavie.

Au delà de la dimension humaniste de l'aventure, Daniel Barenboïm vise l'excellence musicale, avec des choix de programmation sans tabous.

C'est ainsi qu'il a programmé à Paris les "Variations op. 31" d'Arnold Schoenberg, compositeur juif, puis le premier acte de l'opéra "La Walkyrie" de Richard Wagner, antisémite notoire dont il défend l'oeuvre avec passion.

Une passion qui va jusqu'à braver les censeurs en Israël et défier l'histoire: il a dirigé cette musique, samedi dernier, à la Waldbühne de Berlin, scène édifiée par les nazis.

Signe que le WEDO n'est pas un orchestre de seconde zone, il accompagne dans "La Walkyrie" un plateau vocal de première classe, avec la mezzo allemande Waltraud Meier, qui demeure la plus grande wagnérienne de sa génération, son compatriote René Pape, la basse du moment, et le ténor néo-zélandais Simon O'Neill, voix claire et bien projetée.

Les redoutables "Variations" de Schoenberg, chef-d'oeuvre de la modernité naissante, montrent les progrès obtenus (précision, sonorité) depuis le dernier passage de l'orchestre à Paris, il y a deux ans, lors de la première venue en France de ces musiciens dont l'engagement et l'enthousiasme sont patents.

Sonntag, 10. August 2008

Petites lumières

Pendant mes courtes vacances, j'ai lu le journal et un peu regardé la télévision, ce que je ne fais jamais. J'ai aussi participé à un séminaire sur le rôle du chant choral sur le dialogue interculturel, notamment dans les régions en conflit.

De ces quelques jours, j'ai retenu quelque chose d'ambivalent... on sait que loin de l'Europe occidentale, des conflits sanglants déciment des peuples entiers dans une violence qui n'est en rien atténuée par les leçons de l'Histoire, ce qui a le don de me consterner magistralement, en plus de ma réaction émotionnelle à toutes ces horreurs. Mais tout près, des hommes, des femmes, des citoyens lambdas commettent à leur échelle des atrocités qui n'ont rien à envier aux films les plus gore - et ce parfois sans but précis, ou sans but du tout. Ils brisent des vies à tout jamais, en quelques secondes. Chez les humains, la réalité a depuis longtemps transcendé la fiction.
D'aucuns riront de mon côté "Bella au pays des Bisounours", mais sérieusement, si je n'aimais déjà pas les films d'horreur, désormais je n'ai plus envie de lire le journal. Je suis dans ma bulle? je vous le concède. Mais pendant ce temps-là, demain il fera jour, et être dans une bulle pour se protéger n'empêche pas de se battre pour apporter du bonheur au gens.

Ça, c'était le côté obscur de l'article. Heureusement il y a aussi un côté ensoleillé. A ce séminaire j'ai rencontré un tas de gens intéressants, des artisans de paix. D'eux, aucune ligne dans le journal, aucun reportage au journal télévisé. Mais derrière les conflits se cachent parfois des humanistes...
Sur l'image d'un camp de réfugiés palestiniens, on peut voir les milliers de vies brisées. On peut aussi voir cette petite lumière. Elle tente, grâce à l'éveil musical et au chant, de libérer les enfants de l'emprise de la peur, qui les enchaîne depuis leur naissance et condamne leur destin. Cette petite lumière s'appelle Marion Haak.
A Chypre, où l'île est toujours divisée en deux, la petite lumière est dansante et rougeoyante. Elle s'appelle Lena Melanidou et dirige un choeur où chypriotes turcs et grecs chantent ensemble, et se retrouvent pour discuter de leurs intérêts et idées, d'un côté ou de l'autre de la frontière. Ici, l'affrontement, le regard distant, la méfiance, font place à la musique et au dialogue.
En Hollande, un projet est né, qui entre autres activités, fait sourire des enfants et relever la tête à des femmes brisées par le conflit dans les balkans. Là, la petit lumière s'appelle Musicians without Borders, elle est portée par sept femmes, parfois paisibles et lumineuses, parfois dynamiques et engagées: LéLé Mam.
Le récit de ce séminaire suivra...

Le mot de la fin?

On n'est tous une petite lumière pour quelqu'un...

Carla Bruni, Pascal Sevran, petites pensées en forme de cliché photographique.

Comme si de rien n'était, la nouvelle femme du Président français a sorti son troisième CD il y a un mois. Lancement entouré de mystère: une avant première à la radio? soit, mais alors une seule hein! puis, tout de même, Madame Bruni refile un CD à tous les ministres, il faut bien faire un peu de marketing quand on est une artiste.
Je viens d'écouter quelques chansons sur son site... La critique est aisée bien sûr. ceci dit, je crois que chantées par quelqu'un d'autre, je trouverais ces pièces moins désagréables et peut-être même jolies. Bref...

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Dans un tout autre registre, j'ai appris il y a environ un mois la mort de Pascal Sevran... évènement qui s'est produit non pas il y a environ un mois mais au début du mois de mai, le 9 précisément (les expats vivent parfois dans leur bulle...).
Je connais peu cet homme, encore moins son phénoménal succès télévisuel car je n'ai jamais vue une seule émission de La Chance aux chansons. Mais en lisant La Vie sans lui il y a quelques années, j'avais eu l'impression de lire, en mille fois mieux exprimés, des sentiments si familiers que cela en devenait presque effrayant. Et non, la mélancolie, la peur de la mort des autres plus que de la sienne, le deuil d'un Amour, tout cela n'est pas unique. Il est doux-amer de le lire, et entre ces lignes, de lire tous ceux qui sans parler de la possibilité d'être édités, ne peuvent mettre de mots sur cette souffrance, qui sentent leur poitrine se serrer sans pouvoir exorciser la douleur et éventuellement la transformer en énergie positive, puisqu'il parait que ça marche...
Et que dire des millions de gays et lesbiennes qui doivent, encore aujourd'hui, dans de nombreux pays, dissimuler à tout prix leur Amour, aussi bien que leur douleur de vivre à tout jamais loin l'un de l'autre? Cacher, oublier sa raison de vivre... pour ne pas mourir.

On dira ce qu'on voudra des déclarations de Pascal Sevran à Var Matin ou à d'autres, chacun ses idées. Toujours est-il qu'un homme n'est pas que ses convictions, il est aussi lui-même.
Il avait peut-être hâte de retrouver son amour, marre de la vie sans lui. Marre de se battre pour une existence qui avait perdu son sens il y a bientôt dix ans déjà.
J'espère qu'à présent ils sont ensemble pour l'éternité, sans crainte d'être à nouveau séparés. La vie est si fragile ici-bas... pourvu que là-haut on aie nos cinq sens. Ou peut-être cinq autres, plus intimes encore?

"Je ne suis pas à plaindre. Je reste à consoler. Je ne demande pas l’impossible. Je l’ai eu."